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Soutenance de thèse de May Rostom

ED 355 - Espaces, Cutures, Sociétés, Aix-Marseille Université. Spécialité : mondes arabe, musulman et sémitique

Titre de la thèse

Arabic Across Political, Social and Linguistic Borders. Language Biographies, Repertoires and Metadiscourses Shaped by Transnational Mobility from West Africa, through Libya and Beyond.

Mercredi 30 septembre 2026, 14h00, Mmsh/Maison méditerranéenne des sciences humaines et sociales, salle Georges Duby, Aix-en-Provence. Elle sera également retransmise en visioconférence via le lien suivant

La soutenance se déroulera principalement en anglais, avec des échanges en français.

Jury

Catherine MILLER, co-directrice de thèse, directrice de recherche émérite CNRS, IREMAM.
Atiqa HACHIMI, Professeure, University of Toronto.
Alexandre DUCHÊNE, Professeur, Institut de plurilinguisme (Institute for Multlilingualism) University of Fribourg (Suisse).
Britta SCHNEIDER, co-directrice de thèse, Professeure, University of Vienna Department of English and American Studies.
Sylvie WHARTON, Professeure, Aix-Marseille Université.
Cécile VAN DER AVENNE, Directrice d'études, Campus EHESS Marseille.
Rita VALLENTIN, Associate Professor, Faculty of Social and Cultural Sciences European University Viadrina.
Stéfano MANFREDI, Chargé de recherche CNRS, SeDyL UMR8202.

Abstract of the thesis

When West African travellers engage in northward mobilities that defy border regimes, their journeys may last several years and involve multiple steps, shaped by the constraints and opportunities they encounter. During this time, many live and work in different regions in North Africa, and develop new language practices, including Arabic, the largest language on the continent and a dominant language in North Africa. Given that Arabic is a label encompassing distinct language varieties, and that the mobility networks are sociolinguistically diverse and also include mobile Arabic speakers from different origins, Arabic learners in this context develop heterogeneous practices that reflect their spatial and social trajectories, sociolinguistic economies and labour markets, encounters and individual projects. This thesis therefore asks: what do the language practices and metadiscourses developed by these mobile speakers tell us about systems of domination, exclusion, and power struggles in which migrants engage, and about Arabic use and social meanings in a globalised world?

Within the framework of sociolinguistics of mobility and adopting a poststructuralist approach to language, this thesis analyses twenty language biographies and sets of repertoire, collected in Tunisia, Italy and France, of speakers who have acquired a use of Arabic during their trajectories from West Africa northwards, particularly in Libya, a hub of human mobility whose sociolinguistic dynamics favour the use of Arabic, and in certain cases in Europe as well. It also draws on secondary data, including ethnographic observation and digital media. It examines first the speakers’ experiences, focusing on the use of language in the construction of essentialist social differentiation categories, national, racial, and religious, while discussing examples of linguistic and discursive strategies to negotiate and destabilise these categories, and produce alternative visions of the social world. Secondly, through the heterogeneous sets of repertoire cultivated, the thesis re-examines Arabic as a linguistic continuum from the perspective of mobility and contact, underlining the circulation of language resources through speakers and media, and sharing cases in which features from different Arabic norms meet in the repertoire of the same speaker, transcending the conventional categories in Arabic linguistics.

By shedding light on fuzzy borders, this study aims to sow doubt, broaden horizons, and seek out alternative metaphors, narratives, and counter-hegemonic discourses on the history and present of Arabic, its potential communicative uses, and social meanings.

Résumé de la thèse

Lors des mobilités depuis l'Afrique de l'Ouest vers le Nord, en défiant le régime des frontières, les trajectoires peuvent durer plusieurs années et comporter de nombreuses étapes, au gré des contraintes et des opportunités. Pendant ce temps, beaucoup vivent et travaillent dans différentes régions d'Afrique du Nord, et développent de nouvelles pratiques langagières, notamment en arabe, la langue la plus parlée en Afrique et une langue dominante en Afrique du Nord. Étant donné que l'arabe est une étiquette qui englobe des variétés et des normes distinctes, et que les réseaux de mobilité sont sociolinguistiquement divers et incluent également des locuteurs arabophones mobiles d'origines variées, les apprenants d'arabe dans ce contexte peuvent développer des pratiques hétérogènes reflétant des trajectoires spatiales et sociales, des économies sociolinguistiques et des marchés du travail, ainsi que des rencontres et des projets individuels. Cette thèse s'interroge donc sur ce que les pratiques langagières et les métadiscours développés par ces locuteurs en mobilité nous disent sur les systèmes de domination et d'exclusion, ainsi que sur les luttes de pouvoir dans lesquelles les migrants s'engagent, et sur les usages et les significations sociales de l'arabe dans un monde globalisé.

Dans le cadre de la sociolinguistique des mobilités, et en adoptant une approche poststructuraliste du langage, cette thèse analyse vingt biographies langagières et répertoires, collectés en France, en Italie et en Tunisie, de locuteurs ayant acquis un usage de l'arabe au cours de leurs trajectoires depuis l'Afrique de l'Ouest vers le Nord, notamment en Libye, plaque tournante des mobilités humaines dont les dynamiques sociolinguistiques favorisent l'usage de l'arabe, et dans certains cas en Europe également. Elle s'appuie également, pour les analyser, sur des données secondaires issues d'observations ethnographiques et de médias numériques. Elle examine d'abord les expériences des locuteurs, en se concentrant sur l'usage de la langue dans la construction de catégories essentialistes de différenciation sociale (nationales, raciales et religieuses), tout en présentant des exemples de stratégies linguistiques et discursives pour négocier et déstabiliser ces catégories, et produire des visions alternatives du monde social. Ensuite, à travers les répertoires hétérogènes cultivés, la thèse réexamine l'arabe comme un continuum linguistique à partir de la perspective de la mobilité et du contact. Elle souligne la circulation des ressources langagières à travers les locuteurs et les médias, et analyse des cas où des traits de différentes normes de l'arabe se rencontrent dans le répertoire d'un même locuteur, transcendant ainsi les catégories conventionnelles de la linguistique.

En tournant le regard vers les frontières floues et disputées, cette étude vise à semer le doute, à élargir les horizons, et à rechercher des métaphores, des récits et des discours contre-hégémoniques alternatifs sur l'histoire et le présent de l'arabe, ses usages communicatifs potentiels et ses significations sociales.

Année
2026
Catégorie d'archive