Journée d’étude - Laïcité France/Québec


Illustration générée par chatGPT

Journée d’étude - Laïcité France/Québec

Quel impact de la circulation transnationale d’idées et de normes racialisantes sur le traitement de la diversité ethnoreligieuse en éducation ?

Jeudi 28 mai 2026, 14h00-18h15, Mmsh, salle 101, Aix-en-Provence et en visioconférence : lien Zoom

Organisée dans le cadre de l'axe éducation de l'IREMAM en partenariat avec le Réseau international éducation et diversité/RIED France et cofinancée par l'UdeM (Université de Montréal) et le programme ReligiS.

PROGRAMME

14h00 – 14h30 - Accueil et ouverture de la journée par Julien Garric, Aix-Marseille Université IREMAM et Julie Larochelle-Audet, Université de Montréal

14h30 – 15h30 - Les transformations et la circulation des usages de la laïcité dans la construction des politiques éducatives, table ronde animée par Fabrice Dhume (UCLouvain)

Avec les interventions de Françoise Lorcerie (IREMAM, CNRS/AMU) et de Fella Hadj Kaddour (Université de Montréal et Observatoire des inégalités raciales au Québec)

15h45 – 16h45 - Les dispositifs d’administration de la laïcité et leurs effets, table ronde animée par Julie Larochelle-Audet (Université de Montréal)

Avec les interventions de Vanille Laborde (Université Toulouse Capitole) et de Sivane Hirsch (Université Laval)

17h15- 18h15 - La mise en œuvre de la « laïcité » dans les écoles et ses effets sur les membres de la communauté éducative, table ronde animée par Julien Garric (Aix-Marseille Université, IREMAM)

Avec les interventions de Chloé Le Meur (EHESS) et Hana Zayani (Université de Montréal)

ARGUMENTAIRE

L’axe éducation de l’IREMAM propose une journée d’étude comparative franco-québécoise à propos de la laïcité coorganisée avec le RIED France. Le Réseau international éducation et diversité (RIED), fondé en 2012, réunit des chercheur·es francophones travaillant sur la diversité ethnoraciale et religieuse en éducation au Québec, en Belgique, en Suisse et en France. La question de la religion à l’école et des politiques scolaires à cet égard constitue un axe d’intérêt transversal à ces différents contextes nationaux. Des enquêtes récentes documentent des mécanismes discriminatoires visant les élèves ou les personnels vus comme musulman·es, et ce à différentes échelles des systèmes scolaires. Or, cette réalité se fait dans un contexte plus large de circulation transnationale de normes, de discours, d’idées, d’outils et d’acteur·rices, qui véhiculent et contribuent à légitimer un cadrage racialiste du monde social ― « choc des civilisations », « grand remplacement », « wokisme », par exemple ― ayant des effets sur le traitement politique, normatif et pratique de la diversité ethnoreligieuse en éducation, en particulier de l’islam.

Dans ce contexte, cette journée d’étude franco-québécoise souhaite confronter les travaux d’enquêtes, les observations et les questions, au sujet des effets des circulations transnationales d’éléments qui influent sur la diffusion et la banalisation de logiques de racisation de la religion, ainsi que de normes, de politiques et de pratiques scolaires à ce sujet. Elle est initiée à la demande de chercheuses du RIED Québec, où deux nouvelles lois relatives à la mise en œuvre d’une certaine conception de la laïcité dans les milieux scolaires ont été sanctionnées au cours des derniers mois. Au Québec comme antérieurement en France (depuis 1989 et plus systématiquement depuis 2003-2004), l’école se trouve au centre d’un argumentaire soutenant l’action de l’État en matière de « renforcement » ou de « défense » de la laïcité ― selon le vocabulaire martial parfois employé. Les similarités entre les deux contextes nationaux, quant aux arguments, aux stratégies et aux outils, mais aussi la circulation d’acteur·rices politiques et médiatiques des deux côtés de l’Atlantique, justifient la pertinence de développer un regard croisé et une réflexion sur les circulations.

Nous serons en particulier amenés à travailler autour des questions soulevées par la place du religieux et des principes de neutralité et de laïcité à l’école, tels qu’ils se redessinent au gré de la construction de l’islam en problème public, et impactent tant les missions de l’école et de ses agents que le fonctionnement des établissements scolaires, tant l’expérience quotidienne des élèves et des personnels que l’activité professionnelle de diverses catégories d’agents·es. Dans une approche multi-scalaire attentive à la complexité, le programme couvre trois niveaux d’organisation de la problématique et de circulation transnationale des enjeux : 1) la construction des politiques publiques aux niveaux nationaux ; 2) la prise en charge et les effets aux niveaux organisationnels intermédiaires ; 3) les pratiques au sein des écoles, et les effets sur les personnels et les élèves. Pour chacune, une table-ronde sera organisée afin de permettre un échange de perspectives entre le Québec et la France.