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Photo : tête d’Ifé @ Léa Roth

“SAIMA” - Séminaire africaniste interdisciplinaire Marseille et Aix

Ce nouveau séminaire, co-organisé entre Marseille et Aix-en-Provence par Emmie Le Galès (IMAF), Martina Ambu (TDMAM), Hadrien Collet (IREMAM), Eloi Ficquet (Césor et CeRCLEs) et Amélie Chekroun (IREMAM), a pour ambition de donner la parole aux jeunes chercheur.e.s (doctorant.e.s, postdoctorant.e.s, nouveaux et nouvelles titulaires) en histoire, anthropologie, linguistique, archéologie et histoire de l’art, dont les recherches touchent à l’histoire du continent africain sur le temps long. Chaque séance réunit deux intervenant.e.s travaillant sur des espaces et/ou des disciplines différentes, autour d’une thématique commune, afin de favoriser les discussions et les échanges et mettre au jour des questionnements transversaux. L’objectif est de réfléchir de façon collective à notre rapport aux sources, aux méthodes et aux terrains afin d’écrire l’histoire de l’Afrique et de montrer le dynamisme des recherches actuelles, pluridisciplinaires, trans-aires et trans-chronologiques.

Les séance ont lieu en alternance à la Vieille Charité (Marseille) et à la Mmsh (Aix-en-Provence), un mercredi par mois, 9h30-12h30 ou 14h30-17h30.
Infos et contacts : emmielegales[at]hotmail.fr ; martina.ambu91[at]gmail.com ; hadrien.collet[at]gmail.com ; eloi.ficquet[at]ehess.fr ; amelie.chekroun[at]cnrs.fr

Mercredi 21 janvier 2026, 14h00-17h00, La Vieille Charité, salle A, Marseille. « Histoire de la linguistique africaine »

Clélia Coret (CNRS, IMAF), « Apprendre et décrire une langue ? Pour un réexamen de la production des savoirs sur le swahili par les missionnaires-linguistes au XIXe siècle ».

Les descriptions linguistiques sur le swahili ont débuté au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et ont principalement été réalisées par des missionnaires-linguistes, comme dans d’autres régions du continent. Si leurs travaux sont reconnus comme pionniers dans l’histoire des savoirs sur les langues, leurs conditions de production ont en revanche été peu questionnées et, avant tout, les manières dont ces missionnaires avaient appris ces langues sont restées ignorées. À partir de journaux de bord et de lettres écrites par des missionnaires de la Church Missionary Society et ceux de la Neukirchener Mission, qui se sont rendus sur le littoral de l’actuel Kenya, cette communication montrera comment les religieux se sont familiarisés avec les langues qu’ils ont voulu décrire et soulignera qui ont été leurs interlocuteurs africains pour réexaminer leur rôle central dans la production des savoirs.

Carolin Rippstain (EHESS), « La coopération intellectuelle entre le ‘missionary linguist’ S. W. Koelle et le ‘liberated African’ Ali Eisami sur la langue kanuri ».

En 1848, le missionnaire allemand Koelle et l'ancien esclave kanuri Ali Eisami se sont rencontrés en Sierra Leone, où Eisami avait été installé après sa libération et où Koelle avait été envoyé par la Church Missionary Society (CMS) anglaise. La CMS accordait une grande importance à l'étude des langues locales et Koelle fut le premier missionnaire à se consacrer principalement à des études linguistiques. Cela comprenait la préparation du kanuri centrafricain pour la traduction de la Bible, pour laquelle Koelle a travaillé en étroite collaboration avec Eisami pendant plusieurs années. Le résultat fut la publication d'une grammaire, d'un vocabulaire et d'une Native Literature‘, dictés par Eisami. Ce cas illustre d'une part le lien étroit entre mission et linguistique dans l'Afrique occidentale du XIXe siècle. D'autre part, il présente une rencontre afro-européenne d'égal à égal et souligne la contribution cruciale des interlocuteurs africains à la production de savoirs par les Européens.

Consulter le programme complet du séminaire (2025-2026)

Année
2025