
Ilaria Simonetti
Doctorante rattachée à l’Université d'Aix-Marseille, affiliée à l'IREMAM
ED 355 - Espaces, Cultures, Sociétés
Contact : ilaria.simonetti[at]etu.univ-amu.fr
Recherche
Discipline : anthropologie
Domaines de recherche : études de genre, féminisme postcolonial, études critiques de défense, mondes de la mode
Terrain : Israël-Palestine
Membre du pôle Sciences sociales du contemporain
Thèmes de recherche
- Militarisation, rapports de genre, colonialisme, politiques de sécurité, expérience militaire, militainement, violence de guerre, sécuro-féminisme, capitalisme sécuritaire.
Thèse en cours
Le système socio-sexué de la militarisation en Israël, sous la direction de Cédric Parizot (CNRS, IREMAM).
Cette thèse se propose d’interroger la dimension genrée de la militarisation à travers la figure de la soldate israélienne. Elle vise à analyser les modalités de co-construction de cette figure nationale fortement médiatisée, son expérience militaire, ses (auto)représentations, ainsi que les formes de politisation dont elle fait l’objet.
En Israël, la militarisation s’inscrit dans une idéologie spécifique, enracinée dans l’histoire du projet sioniste et structurée par une vision ethno-nationaliste de la société. Au regard du processus de formation de l’État (1947-1949) et du caractère particulier de l’occupation des territoires palestiniens depuis 1967, la militarisation constitue l’un des principes organisateurs de l’implantation coloniale israélienne. Elle contribue à façonner des pratiques, des structures de pensée, des régimes de mobilité, des esthétiques, des corporéités et des modes de communication spécifiques en évolution continue. Aujourd’hui, la militarisation de l’espace israélo-palestinien révèle une multiplication des formes de militarisme — culturel, matérialiste, civil, messianique, numérique ou encore environnemental — qui reflètent les idéologies et les actions d’institutions et de groupes formels et informels, au sein de la société israélienne.
Cette recherche entend montrer que la militarisation constitue également un processus profondément genré, dynamique et relationnelle. Elle soutient que la figure de la soldate occupe une place centrale dans les politiques martiales israéliennes et offre ainsi une entrée privilégiée pour analyser les dynamiques contemporaines du conflit israélo-palestinien.
Fondée sur une démarche ethnographique, cette recherche s’inscrit à l’intersection des études de genre, des approches féministes et des perspectives postcoloniales. Elle se rattache plus particulièrement aux études critiques de sécurité (Critical Military Studies), un champ interdisciplinaire des sciences sociales qui s’éloigne des approches réalistes, techno-stratégiques et étato-centriques de la sécurité pour analyser les relations de pouvoir, les représentations et les expériences ordinaires du militaire, à l’échelle tant collective qu’intime.
La thèse s’organise autour de trois axes principaux :
- Corps, genre et militarisation. Le premier axe, consacré à la subjectivation et la co-construction sociale de la soldate, replace le service militaire des femmes dans le cadre plus large de la militarisation afin d’analyser les processus de production du corps militarisé, sa matérialité et ses modes d’incorporation à l’aune des mutations sociales et des nouveau enjeux politiques, militaires et technologiques.
- Violence. Le deuxième axe consacré à la violence des femmes, examine la dimension genrée de l’accès aux armes et à l’exercice de la violence dans le cadre colonial et de l’occupation militaire. Encré dans une perspective relationnelle, il s’intéresse au processus de construction genré du corps violent entre imaginaire guerrier et production de l’altérité de l’ennemi.
- Fémomilitarisme. Le troisième axe examine la politisation de la soldate comme figure emblématique de l’État israélien, ainsi que les usages qui en sont faits par des acteurs institutionnels et non institutionnels. Il étudie en particulier l’exposition médiatique de la soldate, et les récits de mobilité dans le théâtre des opérations militaires. En mettant au jour la convergence d’acteurs et de discours multiples, cet axe vise à comprendre comment les registres de l’émancipation féminine peuvent être réappropriés par chacun et associés à des logiques militarisées.
Mots-clés : militarisation, militarisme, politiques martiales, espace israélo-palestinien, rapports de genre, fémomilitarisme, trophée, violence des femmes.
Parcours académique
2004 : DEA en Anthropologie Sociale et Ethnologie – EHESS, Paris. Mention : Très Bien.
2003 : Maîtrise en Sociologie – Université La Sapienza, Rome. Mention : 108/110.
1999 : Diplôme UNICEF en éducation au développement – Université La Sapienza, Rome.
Enseignement
2020 : chargée de cours, Master Genre, Université Paris 8, Vincennes Saint Denis. Semestre 2. Titre de l’enseignement : anthropologie du genre et de la violence.
2019 : chargée de cours, École Centrale Supélec, Gif-sur-Yvette. Parcours SHS, L2 (27h). Titre de l’enseignement : genre, violence, guerre : l’approche de l’anthropologie aux grands enjeux de société.
Publications
« Basculement des frontières dans les récits de guerre. Les soldates de Tsahal pendant l’opération ‘Plomb durci’ (décembre 2008 – janvier 2009) », dans Julie Abbou, Karim Hammou, Perrine Lachenal (dir.), Dans l’épaisseur d’une ligne. Explorer les frontières du genre, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2022.
« Violence et Genre », dans Juliette Rennes (dir.), Encyclopédie critique du genre, Paris, La Découverte, 2016 (« Hors collection Sciences Humaines »), 2016 (2021 nouvelle édition).
« Women’s Violence and Gender Relations in the Israeli Forces », dans Frerks George, Ypeij Annelou, Sotira Kønig Reinhilde (dir.), Gender and Conflict. Embodiments, Discourses and Symbolic Practices, Ashgate, London, 2014.
Communications
16/05/2019, « Politique du corps militarisé : l’uniforme comme objet d’enquête ». Journée d'étude « Revendiquer ». Séminaire Anthropologie des Mondes de la Mode – AMM (IIAC-LAHIC, EHESS-CNRS, SEF), Site Pouchet CNRS, Paris.
08/03/2019, « À l’image de la Nation. Surexposition médiatique et politisation de l’image de la soldate israélienne ». Séminaire « Partitions territoriales : imaginaires et représentations », EHESS, Paris.
09/10/2018, “Uniforms and fashion militarism: from body practices to global market and back”. Conférence internationale “Endangered Bodies. Representing and Policing the Body in Western Culture”, School of Arts and Humanities, FLUL, Lisbonne.
19/05/2017, “From trophy job to war trophy”. Conférence internationale “Do people hate their enemies? Understanding war through representations”. CERI of Science Po, Paris.
22/02/2014, “Penser l’émancipation des femmes en contexte militaire” . IIe Colloque international « Penser l’émancipation. Théories, pratiques et conflits autour de l’émancipation humaine », Université Paris-Ouest Nanterre.
Liste complète des communications : https://ehess.academia.edu/IlariaSimonetti
Œuvres artistiques
2021, “The body shelter” avec Roberto Mascella (Accademia di Belle Arti Venezia, https://robertomascella.com). Festival sull’immaginazione urbana “Six to Six”, Zai, Verona.
2018, “The body shelter” avec Roberto Mascella. Exposition internationale “Endangered Bodies. Representing and Policing the Body in Western Culture”, School of Arts and Humanities, FLUL, Lisbonne.
Langues
Italien, français, anglais, espagnol, portugais, hébreu.