Thématique 3 - Les sociétés arabo-musulmanes et leurs institutions : régulation sociale et circulation des richesses

Dans le prolongement de deux anciennes thématiques du pôle histoire (Transmission des biens et Savoirs, pouvoirs, mémoires), la création d’une nouvelle thématique est justifiée par les orientations nouvelles des recherches des membres de l’IREMAM et de récents recrutements. Les historiens de l’IREMAM envisageront ainsi les institutions dans leurs interactions avec les acteurs qui les façonnent ou qui en sont les bénéficiaires. Des sollicitations des sujets ou citoyens envers l’État et ses services publics aux lieux d’arbitrage comme les tribunaux, les politiques publiques ou la fabrication des autorités seront envisagées à travers des pratiques collectives. En conséquence, ce sont des institutions à toutes échelles qui seront étudiées : outre les autorités religieuses transnationales (Église, oulémas) et les administrations nationales (bayt al-māl, ministères, sultans…), les institutions locales sont privilégiées pour leurs fonctions de médiation (associations, fondations pieuses, écoles). Cette thématique est sensible au récent renouveau de l’histoire économique : les pratiques de transmission du patrimoine, les transferts de richesse par la générosité, la fiscalité ou la production de richesse seront saisis comme objets des grandes transformations des sociétés musulmanes depuis la période moderne (transformation du régime de propriété, sédentarisation des nomades, sécularisation, etc.). Les historiens accordent une attention croissante aux groupes sociaux minorés comme les pauvres, des sources de l’indigence comme l’endettement aux formes d’assistance, ainsi qu’au rôle des femmes dans leur rapport à ces institutions (femmes exhérédées ou veuves appauvries, filles scolarisées, membres des missions féminines…).

Les recherches de ce thème s’inscrivent en particulier dans les axes transversaux du laboratoire consacrés au fait religieux, ou à la circulation des savoirs ou à l’éducation. Elles se développent dans des partenariats forts développés à l’étranger : réseaux de chercheurs autour du Soudan (I. Seri-Hersch) ou de la Jordanie (N. Neveu), partenariat avec les universités algériennes comme Blida 2 (C. Mussard), avec le Centre Jacques Berque à Rabat (A. Perrier).