Nouvelle-église- Debre-Damo-AUC-Press

Photo : nouvelle église Debre Damo, Éthiopie, Nigel Pavitt, Frédéric Courbet et Justus Mulinge @ The American University in Cairo Press

Séminaire « Monuments et documents de l’Afrique ancienne : recherches en cours en histoire, histoire de l’art et archéologie »

Séminaire coordonné par Claire Bosc-Tiessé, référente (directrice d’études, EHESS - directrice de recherche, CNRS/IMAF) et Anaïs Wion (directrice de recherche, CNRS/IMAF). Avec la collaboration de Marie-Laure Derat (CNRS/Orient & Méditerranée) et Amélie Chekroun (CNRS/IREMAM).

Périodicité : bimensuel, 1er, 3e, 5e vendredi, de 14h30 à 16h30, Campus Condorcet-Centre de colloques, salle 3.08, Aubervilliers et en visioconférence (lien Zoom envoyé sur demande à claire.bosc-tiesse[at]ehess.fr ; anais.wion[at]univ-paris1.fr). 

Vendredi 16 janvier 2026

Thomas Vernet (Univ. Paris-1, IMAF), « Accepter les limites d’un corpus pauvre et ambigu : les sources arabes à propos de la traite des « Zanj » depuis l’Afrique orientale (vers 700-1500) ».

Les sources arabes et persanes évoquant la côte orientale de l’Afrique avant le XVIe siècle sont peu nombreuses, peu fournies et souvent très ambigües. Elles sont également mal traitées, et donc maltraitées, par les historiens et les archéologues qui s’intéressent aux mondes proto-swahili et swahili médiévaux. L’historiographie du Sahel ouest-africain a pris conscience relativement tôt des chausse-trappes du corpus arabe médiéval. Mais les spécialistes de l’Afrique orientale continuent de considérer cette documentation comme un simple réservoir de faits historiques, sans jamais réellement en discuter – et bien souvent en percevoir – les logiques internes, ni les ambiguïtés. C’est singulièrement le cas de la question de la traite des esclaves « Zanj » - d’après le nom donné aux habitants de l’Afrique orientale au sud de la Corne. En particulier, le terme « Zanj » est beaucoup plus polysémique qu’il ne parait et loin de se résumer à une incarnation de la « sauvagerie » et donc à une légitimation de la traite. Bien d’autres effets de sources sont également à considérer, sans que ces logiques ne connaissent une progression linéaire, bien au contraire. Par conséquent le projet de l’auteur ne doit jamais être négligé, comme nous le verrons notamment avec le cas d’Ibn Battūta et les prétendues razzias conduites par Kilwa. En somme, il est temps d’accepter les limites de ce corpus et d’être beaucoup plus prudents au sujet de la traite des esclaves depuis le littoral est-africain ancien.

En savoir plus sur le séminaire et consulter le programme complet 2025 - 2026 / À retrouver sur le site de l'Imaf et sur néobab